Étude de marché GDF Africa — Marché de la logistique en Côte d'Ivoire

Étude de marché

Marché de la logistique en Côte d'Ivoire

Ports d'Abidjan et de San-Pédro, rail Sitarail, réseau routier, corridors sahéliens, carburant et sécurité routière : l'état des lieux chiffré du transport ivoirien.

Étude de marché GDF Africa — Édition 2026

Le marché de la logistique en Côte d'Ivoire : étude complète, chiffres et sources

Un état des lieux approfondi et sourcé du transport de marchandises en Côte d'Ivoire : les deux ports (Abidjan, San-Pédro), le rail, le réseau routier, la sécurité routière, les coûts d'exploitation, les secteurs moteurs et la place du pays dans le paysage logistique régional.

Mis à jour : 2026 Temps de lecture : ~28 min Par l'équipe GDF Africa

La Côte d'Ivoire s'est imposée comme la première économie de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), portée par une croissance soutenue, deux ports en expansion continue, un corridor ferroviaire vers le Sahel et une position de carrefour pour les pays enclavés de la sous-région. Cette dynamique fait de la logistique un secteur stratégique — et un poste de coût critique — pour toute entreprise opérant une flotte de véhicules dans le pays. Cette étude rassemble les données publiques disponibles sur le secteur, section par section, sans extrapolation non sourcée.

1.Vue d'ensemble macroéconomique

L'économie ivoirienne a affiché une croissance moyenne du PIB réel de 6,5 % entre 2021 et 2025, contre 2,1 % sur la période 2012-2019, selon la Banque africaine de développement[1]. Le Fonds monétaire international anticipe une croissance de 6,2 % à 6,3 % en 2025 et un franchissement du seuil des 100 milliards de dollars de PIB dès 2026[2][3]. Le secteur tertiaire — dont font partie les transports — représente déjà 61,6 % du PIB en 2024, devant le secteur secondaire (23,7 %) et le secteur primaire (14,8 %)[4]. Le pays reste toutefois marqué par une forte informalité : plus de la moitié du PIB et plus de 90 % des emplois relèveraient de l'économie informelle[4], ce qui inclut une large part du transport routier de marchandises.

6,5 %
Croissance annuelle moyenne du PIB, 2021-2025
BAD, 2025
~101,7 Mds $
PIB projeté de la Côte d'Ivoire en 2026
FMI
61,6 %
Part du secteur tertiaire (transports, commerce, services) dans le PIB, 2024
Direction générale du Trésor (FR)
48 Mds $
Taille du marché logistique d'Afrique de l'Ouest, 2025
IMARC Group

Croissance du PIB réel de la Côte d'Ivoire

En pourcentage annuel, 2021-2026 (estimations et projections)
Sources : Banque africaine de développement, FMI, Banque mondiale

Le Plan national de développement (PND) 2021-2025 visait une croissance annuelle supérieure à 7 % ; dans les faits, la moyenne s'est établie autour de 6,5 %[5]. Le nouveau PND 2026-2030, présenté en 2026, vise désormais une croissance moyenne de 7 % par an et mobilise 114 838,5 milliards de FCFA d'investissements sur la période, dont 70,2 % apportés par le secteur privé[6]. Les infrastructures stratégiques constituent l'un des six piliers du plan.

2.Le Port Autonome d'Abidjan

Le Port Autonome d'Abidjan (PAA) concentre l'essentiel des flux commerciaux du pays : il a représenté 75,2 % du volume des échanges extérieurs ivoiriens et 78,9 % des recettes douanières en 2024[7]. Son trafic global de marchandises est passé de 34,7 millions de tonnes en 2023 à 40,1 millions en 2024, puis à environ 46,6 à 46,9 millions de tonnes en 2025, soit une progression de plus de 16 % en un an[8][9]. Le trafic conteneurisé a suivi une trajectoire comparable, porté par la mise en service du second terminal à conteneurs (TC2) fin 2022, avec un objectif officiel de 2 millions d'EVP (équivalents vingt pieds) traités d'ici 2027[9].

Trafic global de marchandises au Port d'Abidjan

En millions de tonnes, 2023-2025
Sources : Port Autonome d'Abidjan, Ministère des Transports de Côte d'Ivoire

Trafic conteneurisé au Port d'Abidjan

En millions d'EVP (équivalents vingt pieds), 2023-2025
Sources : Port Autonome d'Abidjan, KOACI

Environ 1 100 milliards de FCFA ont été investis dans les infrastructures portuaires entre 2012 et 2024 : élargissement du canal de Vridi, terminal roulier Ro-Ro, terminal céréalier et extension des terrains industriels[8]. Le nombre de navires accueillis a progressé de 2 482 en 2023 à 2 595 en 2024 (+4,55 %)[10]. Cette montée en puissance directe se traduit par davantage de conteneurs à transporter vers l'intérieur du pays et les pays voisins — donc davantage de camions, de kilomètres parcourus et de besoin de traçabilité pour les opérateurs de transport.

3.Le Port de San-Pédro et le cacao

Le Port Autonome de San-Pédro est le second port ivoirien et le premier port mondial d'exportation de cacao[11]. Son trafic global est passé de 1,2 million de tonnes en 2010 à plus de 7 millions de tonnes en 2023, puis 7,4 millions de tonnes en 2024 — une progression de près de 500 % en quatorze ans[12][13]. Cette croissance a été portée par la mise en service du Terminal Industriel Polyvalent de San-Pédro (TIPSP), qui a diversifié le trafic du port au-delà du cacao : le port peut désormais accueillir des navires de type Panamax capables de transporter jusqu'à 80 000 tonnes[13].

Trafic global du Port de San-Pédro

En millions de tonnes, 2010-2024
Sources : Port Autonome de San-Pédro, Yessouan.ci

Répartition du trafic au Port de San-Pédro

2023, par famille de produits
Source : Port Autonome de San-Pédro

En 2023, les produits miniers (nickel, manganèse, fer, ciment, engrais) représentaient 53 % du trafic global du port, contre 27 % pour les produits agricoles (cacao, caoutchouc, coton, huile de palme, anacarde)[14]. Le trafic café-cacao à lui seul s'est établi à 1 015 422 tonnes en 2023[14]. Entre le début de la campagne 2024/2025 et le 9 février 2025, les arrivées de cacao vers les ports d'Abidjan et de San-Pédro ont atteint 1,32 million de tonnes, en hausse de 21 % sur un an[15]. L'autorité portuaire de San-Pédro vise 20 millions de tonnes de trafic global à l'horizon 2030[11].

Ce que cela signifie pour les flottes : le trafic cacaoyer est fortement saisonnier (pic entre octobre et mars) et repose sur des milliers de petits camions collectant les fèves depuis les zones de production jusqu'aux ports. Cette saisonnalité crée des pics de demande en transport et en carburant que les coopératives et les transporteurs sous-traitants doivent absorber avec un parc souvent vieillissant.

4.Le rail : Sitarail et le corridor Abidjan-Ouagadougou

La Côte d'Ivoire ne dispose que d'une seule ligne de chemin de fer, longue de 1 145 à 1 260 km selon les tronçons comptés, reliant le Port d'Abidjan à Ouagadougou (Burkina Faso), exploitée depuis 1995 par Sitarail, filiale d'Africa Global Logistics (groupe MSC)[16][17]. Le trafic de fret ferroviaire s'est établi à 886 815 tonnes en 2022 et oscille depuis plusieurs années autour d'un million de tonnes par an[18], un volume marginal comparé aux plus de 28 millions de tonnes transportées chaque année par la route[19].

Rail vs route : ordres de grandeur du fret intérieur

En millions de tonnes par an (échelle logarithmique)
Sources : Agence Côte d'Ivoire Export, Ministère des Transports de Côte d'Ivoire

Sitarail a renforcé sa capacité de fret en 2024 avec la mise en service de 24 nouveaux wagons plats d'une capacité de 48 tonnes chacun sur le corridor Abidjan-Ouagadougou, notamment pour sécuriser l'acheminement d'hydrocarbures vers le Burkina Faso[20]. Le train transporte dans le sens Abidjan-Ouagadougou des hydrocarbures, du clinker, du ciment, du fer à béton, des engrais et des conteneurs[17]. Un objectif ancien de 5 millions de tonnes par an avait été fixé après la réhabilitation de la ligne engagée en 2018, mais n'a pas été atteint à ce jour[21] — un rappel utile que les objectifs d'infrastructure annoncés ne se traduisent pas toujours dans les statistiques de trafic réel.

5.Le transport routier, colonne vertébrale du fret

La route assure plus de 90 % des déplacements de personnes et de marchandises en Côte d'Ivoire, en interne comme avec les pays voisins[19]. Le trafic routier de marchandises est passé de 24,7 millions de tonnes en 2022 à 28 millions de tonnes en 2023, soit une hausse de 13,4 %, selon les statistiques du Ministère des Transports[22]. Le secteur reste structuré autour de petites entreprises privées possédant en général deux à cinq camions, rarement davantage[19] — un profil qui limite l'accès aux outils de gestion de flotte sophistiqués et crée une opportunité pour des solutions accessibles et modulaires.

Répartition modale du transport intérieur de marchandises

Estimation, Côte d'Ivoire
Source : Digital Logistics Capacity Assessments (Logistics Cluster)

Le parc automobile ivoirien est estimé à environ 600 000 véhicules, dont 75 % de véhicules d'occasion importés[23]. Selon les statistiques disponibles, environ 34 200 véhicules sont dédiés au transport de marchandises (transport public et privé confondus), dont environ 17 200 poids lourds de plus de 11 tonnes[24]. Le contrôle technique automobile progresse : 635 003 visites et revisites ont été réalisées en 2023 par les deux opérateurs agréés (SICTA et Mayelia Automotive), en hausse constante depuis 2021[22].

~600 000
Véhicules dans le parc automobile ivoirien
Wikipédia / sources gouvernementales
75 %
Part de véhicules d'occasion importés dans le parc
Wikipédia
~34 200
Véhicules dédiés au transport de marchandises
Auto.ci / Sonatt
635 003
Contrôles techniques automobiles réalisés en 2023
Ministère des Transports

6.Le réseau routier et le PND 2026-2030

La Côte d'Ivoire dispose du réseau routier le plus dense d'Afrique de l'Ouest, avec plus de 82 000 km de routes, dont environ 9 000 km seulement sont revêtus (bitumés)[25][26] — soit environ 11 % du réseau total. Plus de 80 % du réseau a plus de vingt ans d'âge[23]. Le pays concentrerait à lui seul environ 50 % des routes de l'UEMOA[27].

État du réseau routier ivoirien

Répartition en km, réseau total ≈ 82 000 km
Source : Ministère des Infrastructures et de l'Entretien routier, 2026

Le PND 2026-2030 prévoit une accélération significative : 1 014 km d'autoroutes supplémentaires, 6 774 km de routes interurbaines bitumées et 3 698 km de routes renforcées, ainsi que 141 ouvrages d'art dont 35 dans le district d'Abidjan[28]. Le plan prévoit aussi l'achèvement du port sec de Ferkessédougou, une zone logistique intégrée à Bouaké et la création de parkings pour poids lourds dans le Grand Abidjan afin de fluidifier les opérations de transport[29]. Un projet de ligne ferroviaire à grande vitesse reliant Abidjan à Yamoussoukro, Bouaké, Korhogo et Ferkessédougou sur environ 640 km est également annoncé, bien qu'il reste au stade de la planification[29][30].

Point de vigilance : les plans d'infrastructure ivoiriens (PND 2021-2025 puis 2026-2030) ont régulièrement affiché des ambitions supérieures aux réalisations effectives — la croissance visée à plus de 7 % sur 2021-2025 s'est traduite par une moyenne réelle de 6,5 %, et l'objectif de 5 millions de tonnes de fret ferroviaire n'a jamais été atteint. Les chiffres d'un plan quinquennal doivent être lus comme des objectifs, pas comme des acquis.

7.Les corridors vers le Mali et le Burkina Faso

Le Port d'Abidjan joue un rôle de corridor stratégique pour les pays sans façade maritime. Le trafic en transit a atteint 3,92 millions de tonnes en 2025, en hausse de 34,1 % sur un an[9]. Le trafic vers le Burkina Faso est passé de 2,06 millions de tonnes en 2024 à 2,40 millions en 2025 (+16,6 %), tandis que celui vers le Mali a bondi de 835 000 à 1,47 million de tonnes sur la même période (+76,4 %)[9]. Cette reprise reflète la résilience des échanges commerciaux avec l'hinterland malgré les tensions socio-politiques régionales.

Trafic en transit vers les pays de l'hinterland via le Port d'Abidjan

En millions de tonnes, 2024 vs 2025
Source : Port Autonome d'Abidjan
Ce que cela signifie pour les flottes : les trajets internationaux longue distance vers le Mali et le Burkina Faso exposent les véhicules à des risques accrus de détournement d'itinéraire, de vol de carburant et de retards non maîtrisés — des zones où la géolocalisation en temps réel et l'historique de trajets ont une valeur ajoutée directe.

8.Sécurité routière : un coût économique élevé

La Côte d'Ivoire a enregistré plus de 12 000 accidents de la route en 2024, causant près de 1 300 décès[31]. La Stratégie nationale de sécurité routière (SNSR) 2021-2025 avait permis de réduire le nombre d'accidents de 24 % entre 2021 et 2023 (de 10 054 à 8 089 cas), avec une baisse de 9 % des décès (de 833 à 765)[32]. Cette tendance s'est toutefois inversée au dernier trimestre 2024, avec une hausse de 14 % du nombre de tués et de 17 % du nombre de blessés[32][33], et une hausse globale des accidents de 8 % sur l'année 2024 par rapport à 2023[34].

Évolution des accidents de la route en Côte d'Ivoire

Nombre de cas recensés, 2021-2024
Sources : OSER, Ministère des Transports, KOACI

Selon des experts cités par les autorités, la Côte d'Ivoire perdrait environ 7 % de son PIB chaque année du fait des accidents de la circulation[35] — un chiffre qui inclut les dommages matériels, les frais médicaux et la perte de productivité. Le gouvernement vise une réduction de 25 % des accidents en 2025 et de 50 % du nombre de morts et blessés d'ici 2030, notamment via l'instauration d'un permis à points (3 632 permis déjà totalement vidés de leurs points à mi-2025) et le renforcement des contrôles routiers[34][36].

Ce que cela signifie pour les flottes : au-delà de l'aspect humain, chaque accident impliquant un véhicule professionnel représente un coût direct (réparation, immobilisation, assurance, contentieux) et un risque réputationnel pour l'entreprise. Le suivi du comportement de conduite (vitesse, freinages brusques, respect des horaires de repos) devient un argument de gestion des risques autant qu'un argument de productivité.

9.Carburant : le poste de coût qui pèse sur les transporteurs

Le prix du gasoil à la pompe, carburant de référence pour le fret routier, a connu plusieurs ajustements depuis 2022. Il est passé d'environ 615 FCFA/litre en 2022 (sous fort effet de subvention) à une fourchette de 675 à 725 FCFA/litre entre fin 2025 et août 2026[37][38][39]. L'État ivoirien continue de subventionner partiellement les prix à la pompe : l'effort budgétaire correspondant est estimé à environ 350 milliards de FCFA pour la seule année 2026, et à plus de 1 600 milliards de FCFA depuis 2022[39]. Sur chaque litre de super vendu à 905 FCFA en août 2026, l'automobiliste supporterait 30 FCFA de hausse tandis que l'État en absorberait 215 FCFA[39].

Évolution du prix du gasoil à la pompe

En FCFA par litre, échantillon 2022-2026
Sources : Direction Générale des Hydrocarbures, Agence Ecofin, Le Patriote

Même partiellement subventionné, le carburant reste le premier poste de coût variable pour un exploitant de flotte. Chaque relèvement de prix se répercute directement sur les marges des transporteurs de marchandises et des sociétés minières du nord du pays[39] — ce qui renforce, mécaniquement, l'intérêt économique des outils de suivi de consommation et de lutte contre la surconsommation et le vol de carburant. Le coût du transport a par ailleurs enregistré un recul de 2 % entre juillet 2024 et juillet 2025 selon l'Agence nationale de la statistique, en partie grâce à ces mesures de plafonnement[38].

10.Secteurs moteurs : mines, agriculture, e-commerce

Mines

Le secteur minier ivoirien est devenu un relais de croissance majeur. La production d'or est passée de 48 tonnes en 2022 à une prévision de 62 tonnes en 2025, avec l'entrée en production de cinq nouvelles mines en 2023-2024[40][41]. Le pays a reçu 186 millions de dollars d'investissements dans l'exploration minière en 2025, se classant première juridiction minière africaine pour l'exploration[42], et a intégré le top 5 africain de l'indice d'attractivité minière du Fraser Institute en 2025, avec un score de 60,92 sur 100 contre 55,70 en 2023[43]. Le secteur a généré 16 766 emplois en 2023 et 501 millions d'euros de recettes fiscales la même année[40]. Le PND 2026-2030 vise une production d'or de 69 tonnes à l'horizon 2030[6]. Ces exploitations, souvent situées dans le nord et le centre du pays, génèrent une forte demande de transport de matériel lourd et de logistique de site.

Agriculture d'exportation : cacao et anacarde

La Côte d'Ivoire fournit 40 % de l'offre mondiale de cacao[15] et a produit plus de 24 millions de tonnes toutes productions agricoles confondues en 2024[44]. La production de cacao 2024/2025 était attendue à 1,9 million de tonnes[15]. Cette filière structure une bonne partie de la demande logistique nationale : collecte auprès de centaines de milliers de petits producteurs, transport vers les ports d'Abidjan et de San-Pédro, puis exportation. Entre 50 000 et 75 000 tonnes de cacao auraient quitté frauduleusement le pays durant la campagne 2024/2025, un phénomène que les autorités cherchent à limiter en resserrant le contrôle des réseaux de contrebande[15].

E-commerce et dernier kilomètre

Le marché ivoirien du e-commerce, valorisé à plus de 280 milliards de FCFA en 2023, doit croître à un taux annuel composé de 11,3 % jusqu'en 2027 selon un atelier stratégique piloté par le ministère du Commerce[45]. Le commerce en ligne aurait progressé de 30 % en 2023 selon la direction du e-commerce ivoirienne[46], mais reste majoritairement informel, ce qui a conduit le gouvernement à adopter en juillet 2025 une Stratégie nationale du commerce en ligne[46]. Cette croissance alimente une demande croissante de livraison du dernier kilomètre — un segment où la visibilité en temps réel sur les véhicules devient un avantage concurrentiel pour les prestataires logistiques.

62 t
Production d'or prévue en 2025 (contre 48 t en 2022)
Team France Export
186 M$
Investissements dans l'exploration minière, 2025
S&P Global / Agence Ecofin
40 %
Part de la Côte d'Ivoire dans l'offre mondiale de cacao
Agence Ecofin
+11,3 % /an
Croissance projetée du e-commerce ivoirien, 2023-2027
Ministère du Commerce

Production d'or en Côte d'Ivoire

En tonnes, 2022-2025 (2025 : prévision)
Sources : Team France Export, Abidjan Économie

11.La digitalisation des flottes, un marché émergent

À l'échelle du continent, le marché des services de gestion de flotte en Afrique est estimé à 370 millions de dollars en 2025 et devrait atteindre 808 millions de dollars en 2031, soit une croissance annuelle de 13,9 %[47]. Le nombre de véhicules sous abonnement de gestion de flotte sur le continent devrait passer à environ 7,93 millions d'unités sur la période[47]. Le marché reste toutefois sous-pénétré : le coût des données et la fiabilité de la couverture réseau restent des freins identifiés à l'adoption par les flottes commerciales[48]. À titre de comparaison, le marché mondial de la gestion de flotte est estimé entre 27 et 37,7 milliards de dollars en 2025, avec une croissance annuelle de 13 à 17 % selon les cabinets[49][50] — l'Afrique croît globalement au même rythme que le reste du monde, mais depuis une base beaucoup plus faible.

Marché africain des services de gestion de flotte

En millions de dollars US. Seuls 2025 (370 M$) et 2031 (808 M$) sont des chiffres publiés ; les années intermédiaires sont interpolées au taux de croissance annoncé (CAGR 13,9 %).
Source : Ken Research, Africa Fleet Management Services Market (valeurs 2025 et 2031 uniquement)

Pour la Côte d'Ivoire, cette tendance régionale se combine à des facteurs locaux structurants : un parc automobile vieillissant, une facture carburant en hausse régulière, des trajets longue distance exposés au vol et au détournement, une accidentologie routière élevée, et une pression réglementaire croissante sur le contrôle technique automobile. En Afrique du Sud, marché le plus mature du continent, des acteurs comme Cartrack, MiX by Powerfleet, Tracker et Netstar illustrent la trajectoire vers laquelle les marchés moins matures comme la Côte d'Ivoire pourraient converger[51].

12.La Côte d'Ivoire dans le paysage logistique régional

Dans la dernière édition disponible et comparable par pays de l'Indice de performance logistique (LPI) de la Banque mondiale (2018, avant la refonte méthodologique du LPI 2.0), la Côte d'Ivoire se classait 66e sur 160 pays avec un score de 3,08 sur 5, se positionnant derrière l'Afrique du Sud (29e), le Botswana, l'Égypte, le Kenya et le Rwanda, mais devant la Tanzanie, l'Ouganda, le Bénin, le Burkina Faso et le Ghana (101e)[52]. La Banque mondiale a depuis migré vers un LPI 2.0 fondé sur des données de suivi d'expéditions plutôt que sur une enquête déclarative, rendant les comparaisons directes avec les éditions antérieures délicates[53] — ce chiffre de 2018 doit donc être lu comme un point de repère historique, pas comme une mesure actuelle.

Croissance du PIB, comparaison régionale 2025

En pourcentage, projections FMI
Source : FMI, Perspectives économiques régionales avril 2025

Sur le plan économique pur, la Côte d'Ivoire (86,5 Mds $ de PIB, +6,5 % de croissance) et le Ghana (82,8 Mds $, +5,3 %) restent les deux économies dominantes d'Afrique de l'Ouest hors Nigeria, tandis que le Sénégal affiche la croissance la plus rapide de la sous-région (+8,4 % en 2025) porté par le développement de son secteur énergétique[54][55]. Le Bénin (+6,5 %) et la Guinée (+7,1 %) dépassent également la moyenne subsaharienne de 3,8 % en 2025[55].

13.Cadre réglementaire et intégration régionale

La Côte d'Ivoire est membre de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), ce qui lui donne un accès en franchise de droits à un marché régional de plus de 400 millions de personnes[56]. Le pays avance également dans la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf)[56]. Cette intégration régionale explique en partie le rôle de hub que joue le pays pour le Mali et le Burkina Faso, et pourrait, à terme, ouvrir des opportunités d'expansion transfrontalière pour les prestataires logistiques et de gestion de flotte déjà implantés à Abidjan.

Sur le plan budgétaire, la consolidation fiscale ivoirienne vise une progression des recettes fiscales de 12,8 % du PIB en 2022 à 15,9 % en 2026, dans le cadre du programme conclu avec le FMI, avec un objectif de déficit budgétaire ramené à 3 % du PIB en 2025 conformément au plafond fixé par l'UEMOA[57][2]. La présence à Abidjan de la Banque africaine de développement (siège) et l'ouverture d'un bureau de la BERD en 2025 renforcent le statut de la ville comme centre financier régional, ce qui favorise indirectement le financement de projets d'infrastructure et de flotte[56].

14.Constats, risques et opportunités

Constats. Le trafic des deux ports, le trafic routier et les corridors régionaux progressent tous à deux chiffres. Le secteur minier, l'agriculture d'exportation et l'e-commerce accélèrent la demande de transport. Le réseau routier reste peu bitumé (11 %) et vieillissant, avec une accidentologie en hausse et un coût macroéconomique estimé à 7 % du PIB par an. Le prix du carburant continue d'augmenter malgré la subvention publique. Le marché africain de la gestion de flotte croît plus vite que le marché mondial en proportion (13,9 %), mais depuis une base minuscule.
Points de vigilance. La majorité des chiffres de marché cités (IMARC, Ken Research, Mobility Foresights, marché mondial du fleet management) sont des estimations d'instituts privés, non des statistiques officielles vérifiées de façon indépendante — à traiter comme des ordres de grandeur, pas des certitudes. Les statistiques du Ministère des Transports les plus récentes disponibles publiquement datent en partie de 2023-2024 ; les chiffres du parc automobile national datent d'enquêtes plus anciennes (Sonatt, Wikipédia) et méritent d'être recoupés avant toute utilisation contractuelle ou commerciale. Le classement LPI utilisé (2018) est antérieur à la refonte méthodologique de la Banque mondiale et ne doit pas être présenté comme une mesure actuelle de la performance logistique ivoirienne. Les objectifs affichés dans les plans nationaux de développement (PND) sont systématiquement plus élevés que les résultats effectivement mesurés a posteriori.

15.Sources et méthodologie

Cette étude s'appuie exclusivement sur des sources publiques citées ci-dessous. Aucune donnée n'a été extrapolée ou inventée ; les estimations de marché (délimitées comme telles dans le texte) proviennent de cabinets d'études spécialisés et sont indiquées comme telles. Les numéros correspondent aux appels de note dans le texte.

  1. [1] Banque africaine de développement, Rapport économique pays 2025 — Côte d'Ivoire, via AllAfrica, juin 2025.
  2. [2] FMI, Achèvement de la 5ème revue MEDC/FEC Côte d'Ivoire, décembre 2025.
  3. [3] Sika Finance / projections FMI, PIB Côte d'Ivoire 2026.
  4. [4] Direction générale du Trésor (France), Situation économique et financière — Côte d'Ivoire.
  5. [5][6] AIP, PND 2026-2030 — feuille de route des 114 838 milliards FCFA, juin 2026.
  6. [7] KOACI, Trafic Port Autonome d'Abidjan 2024, juin 2025.
  7. [8] Invest-Time, Port Autonome d'Abidjan — bilan 2025 et perspectives 2026, janvier 2026.
  8. [9] Port Autonome d'Abidjan (portabidjan.ci), Résultats 2025 et croissance record.
  9. [10] KOACI, Statistiques trafic portuaire 2024 (navires, EVP).
  10. [11] Ministère des Transports de Côte d'Ivoire, Port de San-Pédro — classement UEMOA.
  11. [12][13] Port Autonome de San-Pédro (sanpedro-portci.com) ; Yessouan.ci, trafic record 2024.
  12. [14] Port Autonome de San-Pédro, Trafics portuaires détaillés 2023.
  13. [15] Agence Ecofin, Cacao dans les ports ivoiriens, février 2025.
  14. [16][17] Sika Finance, Sitarail — atout rail Abidjan/Burkina Faso, 2026 ; Wikipédia, Ligne d'Abidjan à Ouagadougou.
  15. [18] Agence Côte d'Ivoire Export, Rail Transport — trafic 2022.
  16. [19][22] Digital Logistics Capacity Assessments — Côte d'Ivoire, Logistics Cluster ; Ministère des Transports, « Les transports en chiffres » 2023-2024.
  17. [20] Capmad / AGL, Sitarail — 24 nouveaux wagons, 2026.
  18. [21] Chantiers de la gouvernance, Réhabilitation Sitarail — objectifs 2018-2021.
  19. [23] Wikipédia, « Transport en Côte d'Ivoire » (données réseau routier et parc automobile).
  20. [24] Auto.ci, Parc national de véhicules — Sonatt.
  21. [25][26] Le Mandat Express / 7info.ci, Réseau routier ivoirien — atelier Yamoussoukro, mai 2026.
  22. [27] AllAfrica, Côte d'Ivoire — On the road again, 2022.
  23. [28][29][30] Agence Ecofin, PND 2026-2030 — grands projets de transport, juin 2026 ; Farafinet, PND 2026-2030 et hub logistique.
  24. [31] Le360 Afrique, Prévention des accidents de la route, 2025.
  25. [32][33] Abidjan.net / KOACI, Bilan SNSR 2021-2025, février 2025.
  26. [34] 7info.ci, Hausse de 8 % des accidents en 2024, juillet 2025.
  27. [35][36] Abidjan.net / CICG, Sécurité routière — coût économique et permis à points, 2024-2025.
  28. [37][38][39] Agence Ecofin, Financial Afrik, Le Patriote — grilles tarifaires carburant, 2025-2026.
  29. [40][41] Team France Export, fiche marché Mines Côte d'Ivoire, juin 2025 ; Abidjan Économie, secteur minier, mai 2025.
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